La Domestication du feu aux temps paléolithiques, de Henry de Lumley

Editions Odile Jacob

 

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Éminent paléontologiste, reconnu internationalement, Henry de Lumley a ouvert et a travaillé sur de nombreux sites de fouille en France, mais également en Afrique, en Géorgie, en Chine, en Éthiopie. Après avoir été professeur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, puis directeur du laboratoire de Préhistoire du Muséum, il en a été le directeur de 1994 à 1999. Il aussi dirigé l'Institut de paléontologie humaine de Paris (Fondation Albert 1er, Prince de Monaco). Il a contribué au renouvellement de la muséographie de la section de Préhistoire du musée de l'Homme à Paris. Il a déjà publié chez Odile Jacob L’Homme premier, La Grande Histoire des premiers hommes européens et Mémoires de préhistoriens (avec M.-A. de Lumley). Dans cet ouvrage, il nous parle de cette révolution majeure dans l'histoire de l'humanité, la domestication du feu. Sans cette révolution l’apparition des premiers villages aurait-elle eu lieu ? De même que l’agriculture, l’élevage, la céramique ? La maîtrise du feu remonterait a environ 400 000 ans, et cela en des lieux différents de la terre. Homo erectus évolué, Homo sapiens et le Neandertal se lancent dans une aventure ignée qui va changer l'histoire même de l'humain. Henry de Lumley nous explique dans quelles conditions Homo erectus et, plus tard, Homo sapiens et Neandertal ont appris à allumer le feu à leur gré. Les conséquences sont innombrables : le jour s’allonge et fait reculer la nuit, le danger tend à s'éloigner, les humains peuvent prendre possession de nouveaux territoires, le mode d'alimentation change radicalement, avec la cuisson (l’espérance de vie augmente comme un effet naturel), la fabrication d’outils s’améliore, la cuisson de l’argile permet de façonner des figurines et de peindre les parois des cavernes... Henry de Lumley nous emmène dans cette histoire extraordinaire, et on comprend mieux pourquoi, dans les vieilles mythologies la possession du feu prend les allures d'histoire sacrée, comme dans le récit grec de Prométhée.

 

Table des matières du livre

Introduction

 

Chapitre I - Avant la domestication du feu

Au temps des australopithèques

La grotte de Makapansgat

Au temps des Homo habilis

Les sites de Gona et de Lokalelei – le site de Fejej FJ1

Au temps des Homo erectus archaïques

En Afrique

 

Chapitre II – Les plus anciennes traces de feu utilisé par l’homme

En Afrique du Sud

La grotte de Swartkrans – La grotte de Wonderwerk – Le Bed II d’Oldoway – Le site de Gadeb

Au Proche-Orient

le site de de Gesher Benot Ya’aqov – en Arabie du Sud

En Europe

Le site de Bogatyri  - La grotte du Vallonnet – Le site de Prezletice – La grotte de l’Escale – La grotte du Cueva Negra del  Estrecho des Rio Quipart

En Asie

Au Daghestan – En Chine

 

Chapitre III – Les premiers témoignages de feux domestiques

Au temps des Homo erectus évolués

En Afrique – Au Proche-Orient – En Europe – En Chine

Chapitre IV – Le site de Terra Amata

Premiers foyers, premiers habitats

Les sols d’occupation des huttes

La maîtrise du feu par les chasseurs de Terra Amata

Des crayons d’ocre jaune et rouge

 

Chapitre V - La grotte du Lazaret

Les foyers de la grotte du Lazaret

 

Chapitre VI – Au temps des hommes modernes archaïques et des néandertaliens

Domestication du feu, ensevelissement des morts, costumes et habitats

En Afrique

Le site de Florisbad

Au Proche-Orient

La grotte de Kebara – La grotte de Qafzeh – La grotte de Nahr Ibrahim – L’abri de Tor Faraj – La grotte de Dederiyeh – La grotte de Douara – La grotte de Sahnidar – Le site d’Umm el Tlell

En Europe

L’abri Romani – La grotte de Boquette de Zafarraya – L’abri Bombrini – Le site du Pech de l’Azé –

La grotte de l’Hortus – La grotte XVI

 

Chapitre VII Au temps des hommes modernes

Les conséquences de la domestication du feu

En Europe

L’abri Mochi – La grotte de Lascaux – Le site de Pincevent – Le site d’Etiolles

En Amérique

Le site de Monte Verde – En Amérique du Nord

Conclusion

Bibliographie

 

Voici un extrait de La domestication du feu aux temps paléolithiques

« La maîtrise du feu par les chasseurs de Terra Amata

A Terra Amata, les litières d’herbes marines, dont la localisation est attestée par la dispersion des fragments de coquille marines sont toujours situées dans les zones de plus grande concentration d’industrie lithique, d’ossements de faune quaternaire, de petits fragments d’os brûles et de charbons de bois, correspondant aux aires de plus grande activité des chasseurs. Elles sont localisées à proximités des foyers.

Ces divers foyers structurés de Terra Amata, sur des sols d’occupation acheuléens jonchés de charbons de bois, d’ossements brûlés et de quelques pierres et éclats de taille rubéfiés par le feu, montrent que les chasseurs d’éléphants et de cerfs de ce site avaient, il y a 400 000 à 380 000 ans, domestiqué le feu et acquis la maîtrise de son allumage et de sa maintenance.

Les chasseurs d’éléphants et de cerfs de Terra Amata  savaient entretenir durs foyers avec des branches d’arbres, de préférence résineux, ramassés sur le littoral et des herbes marines, provenant des vasières côtières proches du delta du Paillon. Ils savaient certainement aussi produire le feu lorsqu’ils s’installaient dans leur campement pour de courtes haltes de chasse.

La maîtrise du feu par ces chasseurs acheuléens est démontrée par la découverte de foyers structurés, le grand nombre de charbons de bois et d’os brulés répartis sur toutes les surfaces des sols d’occupation, l’évaluation des températures de chauffe de l’ordre de 350 à 400°C, à partir des analyses par spectrométrie infrarouge des charbons de bois et des ossements, par diffraction aux rayons X et par spectrométrie ESR des ossements. La présence de quelques rares os blancs témoigne d’une température de chauffe parfois supérieure à 700°C. L’étude micro morphologique des sédiments prélevés dans les foyers indique la présence , outre de charbons de bois et de cendres, de débris de lamellibranches, de gastéropodes, de banales, de sclérites d’holothuries, de bryozoaires, d’algues, de foraminifères (organismes unicellulaires marins) et de pseudomorphoses de débris végétaux, qui démontrent que ces foyers étaient essentiellement alimentés avec des végétaux marins, récoltés à proximités et avec quelques branches d’arbres, principalement des résineux.

Les os brûles sont toujours nombreux sur les sols d’occupation préhistoriques lorsque le feu a été utilisé. Leur présence est une excellente preuve de l’utilisation du feu. Les sédiments des foyers de Terra Amata ressemblent beaucoup à ceux mis au jour sur les sols d’occupation acheuléens de la grotte du Lazaret, plus récents, datés entre 190 000 et 120 000 ans, et dont nous parlerons au chapitre suivant. » (pp. 99-101) (Mohammed Taleb)

 

 

Parution : Mai 2017l

Format : 145 x 220 mm

Nombre de pages : 192

Prix : 21,90 €

ISBN : 9782738135001