La science pour qui ?, sous la direction de Janine Guespin-Michel et Annick Jacq

Éditions du Croquant, Coll. «Enjeux et débats d'Espace Marx»

 

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 Fondées en 2003, les Éditions du Croquant se sont données comme vocation de faire paraître des livres de critique sociale. « L’essor du nouvel ordre économique mondial, les politiques qui l’orientent et ses conséquences pour les populations, commandent de nouvelles analyses pour comprendre et agir. S’inscrivant dans une démarche critique des mécanismes de domination, les Éditions du Croquant publient des ouvrages de chercheurs en sciences humaines, des témoignages d’expériences sociales innovantes et des travaux de collectifs du mouvement social. » Or, la science constitue, depuis le XVIIe siècle, une composante fondamentale de ce que le sociologue allemand Max Weber nommait la « modernité capitaliste ». Cela ne signifie pas que toute les démarches scientifiques soient mécaniquement pro-capitalistes. Mais, seulement que la science a souvent été un instrument de légitimation des pouvoirs dominants, de leurs classes sociales et de leur arraisonnement du monde, comme en témoigne le rôle de la génétique dans l'émergence et le développement d'une agriculture transgénique. En coordonnant ce petit volume paru dans une collection dédiée aux travaux d'Espace Marx, deux universitaires spécialistes des sciences biologiques et de génétique, Janine Guespin-Michel et Annick Jacq, nous proposent une déconstruction de cette science compatible avec la « modernité capitaliste », le marché et la marchandisation du monde. Avec d'autres auteurs, Yves-Claude Lequin, Chantal Pacteau, Danièle Bourcier, Philippe Brunet, et Marc Delepouve, elles font, dans un premier temps, l'état des lieux d'une situation complexe. Et l'intérêt de ces pages n'est pas mineur, car cela nous permet de mieux appréhender ce qu'est réellement l'activité scientifique, la différence entre science et technique, et le danger de la confusion entre les deux, l'importance de l'innovation dans les politiques de l’Union européenne. Mais, le propos se fait clairement politique dans la seconde partie qui évoque les articulations entre science et citoyenneté. L'idée-force est bien évidemment de réconcilier les deux dans la perspective de l'émancipation du plus grand nombre, d'où l'importance, disent les auteurs, de l'éducation (pas seulement technique mais également culturelle) aux sciences et aux techniques, et du renforcement d'une culture scientifique et technique. Enfin, dans les dernières sections, « Résistances, propositions, expériences, et leurs limites » et « Science et démocratie », il s'agit de réfléchir à des engagements sociaux concrets, par exemple syndicaux, citoyens, altermondialistes. Ainsi, plusieurs pages sont consacrées à l’expérience du « Forum mondial science et démocratie ». (Mohammed Taleb)

 

Parution : Décembre 2013

Format : 197 x 258 mm

Nombre de pages : 128

Prix : 8 €

ISBN : 9782365120357